Le Rêve des Deux Colonnes
🔹 Le Rêve des Deux
Colonnes (texte intégral)
« Je veux vous raconter un rêve.
Il est vrai que celui qui rêve ne raisonne pas. Essayez néanmoins de vous
imaginer avec moi au bord de la mer, ou mieux encore sur une falaise isolée,
sans aucune autre terre en vue.
Sur cette vaste étendue d’eau, on
aperçoit un formidable déploiement de navires rangés en ordre de bataille. Leurs
proues sont armées de pointes acérées, de becs tranchants et de lames capables
de percer et de détruire tout ce qui s’oppose à leur marche. Tous sont
lourdement chargés de canons, de bombes incendiaires, d’armes à feu de toute
sorte, et même de livres et de brochures.
Ils s’avancent pour attaquer un
navire majestueux, bien plus grand et plus fort que tous les autres. Ils
cherchent à l’éperonner, à l’incendier, à le rendre inutilisable par tous les
moyens possibles.
Ce navire immense est escorté par
de nombreux petits bâtiments qui lui offrent une certaine protection. Mais le
vent et les vagues sont contre lui ; tout semble favoriser ses adversaires.
Au milieu de cette mer sans
rivage, s’élèvent deux colonnes très solides, à une courte distance l’une de
l’autre. Elles montent très haut dans le ciel.
Sur la colonne la plus basse se
dresse une statue de la Vierge Immaculée, et à sa base est gravée cette
inscription : Auxilium Christianorum (Secours des chrétiens).
La seconde colonne, beaucoup plus
haute et plus massive, porte au sommet une Hostie d’une grandeur proportionnée,
et l’inscription suivante est gravée à sa base : Salus credentium (Salut
des croyants).
Le commandant du grand navire, le
Pontife romain, se tient à la barre. Il dirige le navire entre les deux
colonnes, auxquelles sont attachées de nombreuses ancres et de solides chaînes.
Toute la flotte ennemie redouble
d’efforts pour intercepter et faire sombrer le vaisseau amiral. Elle le
bombarde sans relâche : livres, pamphlets, bombes incendiaires, canons et armes
à feu. La bataille devient toujours plus acharnée.
Les navires ennemis se jettent
contre le vaisseau principal ; leurs éperons frappent sans cesse sa coque.
Pourtant, malgré les chocs, le navire demeure intact et continue sa route.
Parfois, un coup terrible ouvre
une large brèche dans sa coque ; mais aussitôt, une brise mystérieuse venant
des deux colonnes referme la déchirure et rétablit le navire.
Pendant ce temps, les armes des
ennemis se brisent, leurs canons éclatent, leurs navires se heurtent entre eux
et sombrent. Dans leur rage, ils s’injurient, se blasphèment et se détruisent
mutuellement.
Soudain, le Pape tombe,
grièvement blessé. Il est aussitôt secouru, mais il est frappé une seconde fois
et meurt.
Un immense cri de triomphe
s’élève du camp ennemi, et la joie éclate sur leurs navires. Mais presque au
même instant, un autre Pape est élu. La nouvelle de sa nomination se répand
aussi vite que celle de la mort de son prédécesseur.
Le nouveau Pontife monte à la
barre, réprime les résistances et conduit fermement le vaisseau entre les deux
colonnes. Il l’amarre d’abord à la colonne de l’Hostie, puis à celle de la
Vierge Immaculée.
Alors se produit un événement
extraordinaire : les navires ennemis sont frappés de panique. Ils se
dispersent, s’entrechoquent, se détruisent les uns les autres et coulent à pic.
Une grande paix se fait sur la
mer.
— De très graves épreuves
attendent l’Église, conclut Don Bosco. Ce que nous avons souffert
jusqu’à présent n’est presque rien en comparaison de ce qui doit arriver. Les
ennemis actuels ne sont qu’un symbole de ceux qui viendront. En cette heure
grave, seules deux choses peuvent sauver l’Église : la dévotion à Marie et la
communion fréquente. »
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